Je lutte donc je suis...

Publié le par EDG-E

 

Vous êtes vous déjà étonné devant le logo du NPA? Ce mégaphone en pleine revendication réduit le parti à un mouvement contestataire qui ne s'inscrit que dans l'opposition, dans la lutte. Ainsi il n'a de sens que si le capitalisme a cours. Comment construire dès lors que l'on existe uniquement comme agent de contestation, comme volonté de détruire ce contre quoi on lutte mais qui finalement conditionne notre existence ?

Ce « nouveau parti anticapitaliste » attire de plus en plus de citoyens français. Tous aspirent à « un monde meilleur ». Mais le résultat est que leur actualité n'est que friction, agacement, affrontement, guerre d'idées contre d'autres êtres humains qui eux, étant au pouvoir, dessinent le monde à leur convenance. Ils voudraient la paix et l'harmonie mais n'existent qu'à travers la lutte et l'opposition. Comment être sûr que l'équilibre que leur apporte cette position d' « anti » n'est pas plus stable que celui que génèrerait éventuellement le monde encore utopique pour lequel ils se battent? Et si la lutte était la condition du bonheur ou du moins d'un certain bien être?

Cela nous ramène à l'éternelle interrogation qui nous taraude tous..... « finalement, qu'est-ce qu'exister? ».

Si on considère que le sens de la vie ne se structure qu'autour de la recherche d'une condition meilleure, alors dans un monde parfait tout s'écroulerait, cette structure serait réduite à néant et plus rien ne ferait sens. Nous existerions dans la seule perspective de mourir sans pouvoir espérer quelconque progression puisque tout serait déjà optimal (d'ailleurs, la mort existerait-elle encore?).

Ainsi, un monde idéal (au sens de « propice au mieux être ») ne serait pas un monde parfait, mais un monde perfectible...comme le notre. Dans cette vision des choses, le slogan « il faut lutter pour exister » prend un nouveau sens. Alors que dans son acceptation habituelle, il présente l'existence comme produit d'une lutte et donc possible APRES elle, là, l'existence ne peut être que contemporaine de la lutte « je lutte donc je suis »... Il n'y a pas de calme après la tempête pour la simple et bonne raison que l'existence ne peut être calme, elle est tempête.

 

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